Vivre la plaine de l’Abbaye
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Les quatre saisons de la plaine de l’Abbaye n° 14 / printemps 2009

mercredi 25 novembre 2009, par S.R.

Glaner et cuisiner les plantes sauvages

La nature nous offre à chaque saison de multiples visages et de multiples ressources.
Cet après-midi sera composé d’un moment de cueillette, puis nous préparerons ensemble des plats avec les plantes sauvages que nous aurons ramassées. Le repas sera partagé dans un moment de joyeuse convivialité et sera ouvert à des personnes extérieures proches des participants.

en mai dans la plaine photo : S.R.

texte et photos de Jacqueline Armand pour LA PROVENCE :

Après la cueillette, vient le plaisir de cuisiner les plantes sauvages de la plaine de l’Abbaye

Coquelicots, pissenlits, orties, trèfles, pimprenelle…. ces plantes si communes qui nous accompagnent le long des chemins et des talus. Que l’on n’a pas l’habitude de regarder. Qui ont même, pour certaines, un statut de mauvaises herbes tout juste bonnes à être sarclées ou aspergées d’herbicides. Une richesse à découvrir pourtant et à exploiter, car elles nous sont utiles pour leurs vertus médicinales. Citons, la mauve adoucissante et équilibrante pour les intestins ; l’ortie, re-minéralisante, dépurative, fortifiante ; les ronces séchées bonnes en tisanes pour les maux de gorge. Et de surcroît, sont bonnes à cuisiner pour la variété et la qualité de leurs saveurs insoupçonnées, surprenantes. Même les grands chefs se penchent sur ces humbles végétaux qui ont de quoi réjouir les papilles les plus blasées.

Aussi, l’association « Vivre la plaine de l’Abbaye », vigilante quant au devenir de la plaine et la préservation de sa faune et de sa flore, a décidé d’organiser une sortie - qui en appellera sûrement d’autres au vu du succès remporté - guidée par Magali Amir, ethnobotaniste. « Aujourd’hui, nous n’avons pas un regard de botaniste qui va chercher la rareté, mais au contraire celui des plantes courantes, intéressantes d’une autre manière » précise Magali.

Une succession de plaisirs

Un après-midi voué à une succession de plaisirs : reconnaître les plantes de ce milieu dit humide de la plaine, ouvert et partiellement cultivé, les cueillir, prendre le temps d’observer, de sentir, de toucher (douceur, générosité de la mauve), car le plaisir de la découverte vient amplifier déjà le plaisir que l’on a à visiter la nature en créant avec les végétaux un lien direct et profond. Puis, vient le temps du partage, de l’expérimentation et celui de la préparation ensemble d’un menu à base de feuilles et de fleurs.
« Par exemple, nous allons préparer de jeunes pousses qui ont un goût très vert, très printanier, comme les tiges de houblon et les jeunes pousses de Silène enflée au bon goût de petits pois, servies comme des asperges, accompagnée d’une sauce très légère » commente Magali.
En fin d’après-midi, quand tout a été finalisé, le groupe s’est enfin installé autour de la grande table dans la cuisine de Martine Baumet au Mas Bourbon pour partir à la découverte de ces nouvelles saveurs. Et chacun est allé de ses impressions gustatives…
Il restera sans aucun doute, au-delà de cette belle journée, un autre regard porté sur ces plantes que l’on n’abordera plus de la même manière. Mais attention, il faut savoir qu’elles peuvent être aussi de « belles empoisonneuses » : 90% des plantes sauvages sont toxiques. Aussi, il est fortement recommandé de s’initier ou de se faire accompagner d’un connaisseur pour leur cueillette.

menu printanier*)

- Boulettes de chèvre aux fleurs de pimprenelle, roquette et bourrache
- Tartare d’algues aux câpres de coquelicot
- Jets de houblon et pousses de silène en asperges
- Bricks de mauve
- Tarte de patience au saumon fumé
- Raïta de passerage
- Charlotte aux fleurs de sureau accompagnée de son vin

Tartare d’algues aux câpres de coquelicot

Trois avis des participantes :

Noémie Dufraisse, médiatrice culturelle pour Villeneuve en Scène :

« Je suis novice en matière de végétaux. Je rencontre ces plantes quotidiennement dans la plaine, mais je n’y prêtais aucune attention. Je découvre avec étonnement toutes leurs vertus thérapeutiques, comme la fleur d’aubépine, régulateur du cœur. Et de plus elles sont goûteuses, délicieuses. »

Martine Baumet, agricultrice dans la plaine de l’Abbaye :

« Je suis membre de l’association Vivre la plaine de l’Abbaye. Pour une première, c’est un succès. A renouveler. C’est une bonne chose que cette plaine reste agricole et verte – c’est sa vocation première - et permet ce genre de découverte, car les plantes ne poussent pas dans le béton. Nous restons vigilants. »

Viviane Abrouk, mère au foyer :

« Ce qui m’intéresse dans cette démarche de cueillette et cuisine, c’est de découvrir ce que l’on ne peut pas « voir » sans qu’on vous le montre expressément, comme le brocoli sauvage, le chénopode (famille des épinards). Je redécouvre les propriétés médicinales et le pouvoir des sommités. Et quel vrai plaisir ensuite de les déguster. »

*) Nous vous communiquons volontiers les recettes sur demande. (ndlr.)

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