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Les quatre saisons de la plaine de l’Abbaye n° 3 / été 2006

samedi 1er juillet 2006, par S.R.

Natura 2000 Rhône : la plaine est-elle concernée ?

Et d’abord une petite explication sur ce qu’est Natura 2000 pour ceux qui ne connaissent pas.

L’union européenne a décidé de créer un réseau de protection des habitats naturels qu’elle a baptisé Natura 2000. Après la protection réglementaire des espèces, flore et faune, il est apparu que pour sauver des animaux ou des plantes rares, il fallait aussi conserver le milieu dans lequel ils vivent. Il ne suffit pas d’interdire la destruction d’une espèce, il faut encore lui laisser de quoi vivre.

Par exemple, des grottes suffisamment tranquilles seront nécessaires à la survie des chauves-souris, des espaces lacustres aux berges non bétonnées sont nécessaires aux castors etc.

Après recensement des habitats naturels les plus importants, appelés prioritaires, une partie non négligeable du territoire français a été pressenti comme devant faire partie de ce réseau.

De nombreuses oppositions ont considérablement ralenti ce classement et la commission européenne a demandé de manière forte à la France de finir de réaliser ce travail au moins dans une proportion raisonnable et dans des délais très courts. C’est ainsi que le classement du Rhône dans le réseau a été mis en concertation en juillet-août dernier auprès des collectivités et des administrations concernées. La date n’était pas favorable à la concertation, mais les dossiers sont quand même repartis pour Bruxelles via Paris et ne sont toujours pas revenus.

Le périmètre proposé est le lit mineur du Rhône, c’est-à-dire le fleuve et ses îles. Les bords du fleuve en sont exclus, y compris les habitats naturels importants qui peuvent s’y trouver, en particulier des contre-canaux ou des ripisylves (forêts humides).

Ce tracé minimal a été retenu pour ne pas gêner le projet Grand Rhône en cours qui tend à régler les problèmes d’inondations.

Ce tracé pourra être modifié par la suite, et pour la plaine, nous devrions proposer au moins qu’il concerne la partie des contre-canaux pour les castors et les cistudes. Pour le reste de la plaine, nous n’avons pas (encore) recensé d’habitats importants.

D.T.

Compte-rendu de la visite de la station de pompage

L’association a organisé le 25 avril la visite de la station de pompage du contre-canal. Cette visite a été guidée par lun responsables local et le responsable régional de la C.N.R. qui ont décrit en détail le fonctionnement de l’installation et les dispositions prévues pour en assurer la bonne marche en permanence.

Le canal reçoit principalement les eaux de pluie de Villeneuve qui, depuis la construction de la digue, ne peuvent plus être directement envoyées au Rhône. La digue a été construite avec une hauteur d’un mètre au-dessus d’une crue millénaire. Les infiltrations du Rhône à travers la digue vers le canal ne représentent pas un débit important, même en cas de crue. Ces infiltrations pourraient croître en cas d’érosion interne de la digue ; l’entretien et les inspections périodiques de la digue limitent le risque qu’elles passent inaperçues.

Les trois pompes de 1,2 m2 par seconde, situées dans un local sous le niveau d’eau, maintiennent le niveau du canal entre 15 et 15,4 m, alors que le niveau normal du Rhône est 16 m, au dessus du niveau de la mer. Deux mesures de niveau à ultrasons commandent automatiquement le démarrage ou l’arrêt de 1, 2 ou 3 pompes. Chaque pompe est protégée par une grille dont l’encrassement est évalué par la différence de niveaux de part et d’autre de la grille, grâce à deux autres mesures de niveau (à flotteur) entre la grille et la pompe. Les pompes peuvent aspirer et refouler sans dommage les petits débris qui traversent les grilles. Le nettoyage des grilles est effectué à l’aide d’un dispositif électromécanique commandé manuellement.

A la sortie de chaque pompe, la tuyauterie est munie d’un clapet antiretour et d’une vanne. L’eau est rejetée au Rhône par un conduit commun en ciment armé de 1,5 m, régulièrement inspecté.

L’alimentation électrique de la station est assurée par deux lignes électriques indépendantes de 10 000 V. Un transformateur produit le 380 V nécessaire pour les pompes. En cas de coupure des deux lignes, la CNR dispose d’un groupe Diesel qui peut être amené sur place.

Les mesures et les commandes sont alimentées en 24 V et 48 V courant continu grâce à deux transformateurs et deux redresseurs qui chargent aussi deux batteries de secours. Ce dispositif correspond à une protection identique aux hôpitaux.

Aucun opérateur n’est présent normalement dans la station, qui est surveillée du poste de contrôle de la centrale d’Avignon, où les mesures sont reportées par une ligne spéciale ; la continuité de cette ligne est vérifiée automatiquement. En cas de panne électrique, un signal sera envoyé au poste de contrôle grâce à une batterie de secours.

La crue du Rhône de décembre 2003, montée au niveau 20,5 m, a donné l’occasion de tester dans des conditions extrêmes le fonctionnement de la station, ainsi que l’utilisation des barrages pour contrôler les niveaux de crue le long du fleuve et l’étalement des eaux vers les zones prévues pour être inondées, en concertation avec les propriétaires des terrains concernés.

Cette visite a été très instructive et rassurante sur la capacité de la station de pompage de remplir son rôle, et sur la fonction des barrages comme régulateurs des crues.

J.B.

Pas de compte-rendu mais une photo de la sortie le 26 avril 2006 sur le plateau de Carles pour observer le papillon Aurore de Provence, ce papillon qu’on voudrait tant voir dans la plaine de l’Abbaye où il trouvera en abondance la lunetière, sa plante de prédilection.

photo/ S.R.

Promenade avec les Amis des Jardins dans la plaine de l’Abbaye

« Ce mercredi 31 mai nos amis de l’association Vivre la plaine de l’Abbaye nous avaient donné rendez-vous à 14 heures à la piscine de Villeneuve pour une visite de la plaine de l’Abbaye. Malgré la fraîcheur du temps et le mistral remarquablement énergique nous étions 26 présents au parking de rassemblement. Le groupement opéré, c’est à 5 voitures que nous avons poursuivi notre route jusqu’au contre-canal que nous avons longé à pied.

Situé plus bas que le Rhône, ce contre-canal est destiné à recueillir l’eau qui filtre à travers la digue ; il a une profondeur voisine de 4 mètres et des pompes renvoient l’eau dans le fleuve afin de maintenir un niveau acceptable.

De nombreuses plantes aquatiques y poussent et les poissons y sont nombreux. Nous avons pu en admirer plusieurs de très belle taille au cours de leurs déplacements, quand ils mouchaient ou étaient occupés à brouter les plantes aquatiques. Il y a en effet des carnivores et des herbivores. On y trouve surtout des brèmes, des gardons, des perches soleil, des chevesnes, des black bass, des carpes, des rotengles et des carassins, des tanches et des sandres mais la liste n’est pas complète. La nourriture est abondante et les poissons peu craintifs. C’est donc un paradis du pêcheur.

Au cours de notre promenade qui nous a conduits jusqu’à la passerelle en longeant le contre-canal puis par une brève escalade sur la digue du Rhône avant de revenir par le même chemin, nous avons pu admirer la végétation assez riche et les zones de culture actuellement en régression car sur 180 hectares de plaine seulement environ 60 sont encore exploités, et pour combien de temps ? Il faut y ajouter une vingtaine d’hectares entretenus pour d’autres usages, comme piscine, camping etc.

Des ragondins et des castors vivent dans le contre-canal et nous avons vu un certain nombre d’arbres abattus ou rongés par les castors ainsi qu’un terrier mais aucun animal. Notre ami A.C. a déploré le fait que les arbres abattus par les castors soient souvent enlevés par des services techniques ou des particuliers privant ainsi ces animaux de ressources et ne leur laissant comme solution que l’abattage d’un autre arbre. Deux familles de canards se promenaient et un splendide col-vert est passé en vol. Il y a aussi des tortues de Floride, dont se sont débarrassés des gens peu soucieux des suites de leur geste.

La végétation est essentiellement composée, en ce qui concerne les arbres, de peupliers, d’acacias, de frênes, avec quelques chênes. Pour le reste nous avons vu pêle-mêle quelques euphorbes, des orobanches, quelques pieds de luzerne rescapés des cultures, une asperge égarée sur le bord du chemin, de l’ail des ours vers la passerelle, des sedums, des genêts, des psoralées bitumineuses, de la roquette, des immortelles …

photo : S.R.

En bas de la pente du contre-canal, la très belle ochrys abeille. Enfin près d’une sculpture en bord de chemin nous avons pu découvrir deux trèfles extrêmement doux au toucher : le trèfle à feuille étroite et le trèfle pied de lièvre.

Reste un problème important : que va devenir la plaine de l’Abbaye ? Inconstructible et en état d’abandon progressif quant à l’usage agricole, elle pourrait profiter d’une mesure européenne : Natura 2000 dont nous parle D.T. *

Ceci étant, aux AJM, nous nous ferons un plaisir de vous tenir au courant des progrès du projet et des décisions prises pour exploiter la plaine au mieux afin de l’entretenir d’une part, et de permettre aux Villeneuvois d’en profiter largement d’autre part.

Mais une chose est sûre, si vous n’avez jamais fréquenté la plaine de l’Abbaye, allez-y ! vous pourrez y faire maintes promenades agréables et riches en découvertes pour la flore, la faune … et la détente. Merci en tout cas à nos amis de nous l’avoir fait découvrir par cet après-midi largement venté.  »

texte : L.M. – Association des Amis des Jardins méditerranéens

* voir le texte de D.T. dans ce bulletin

Les autres projets pour 2006 sont maintenus et nous vous en donnerons des nouvelles en automne :

- le petit bois

- jardins familiaux

- création d’un site web

Nous avons un nouveau projet :

- L’installation des panneaux explicatifs sur les castors

Chronique de début d’été

Natura, Bruxelloise, veille chauves-souris

Castors z’et ragondins, mais pas contre-canaux ?

Nous l’y amènerons au cri de « Ripisylve ! »

Et « Ripisylve encor ! » : elle aime tant les mots …

...

Les Amis des jardins apprécient l’énergie

du Mistral, les poissons et puis la lunetière

(suivant la star Aurore en cette inclination)

De tels amis, je dis : l’association est fière !

...

La station de pompage éblouit l’habitant

Ses pompes, ses tuyaux, ses volts sont rassurants.

Pourtant que faire avec ce doute qui me reste :

Sommes nous si soucieux des suites de nos gestes ?

N.P.

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