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Les quatre saisons de la Plaine de l’Abbaye n° 18 / printemps 2010

mercredi 10 juin 2015, par S.R.

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L’association Air Libre dont nous sommes partenaire pour cet évènement, présente "Chemin faisant ...", un sentier Land Art et environnement

Voici ce que nous verrons cette année sur la plaine durant trois mois :

- une fleur géante type stellaria viminalis ni poussant qu’en eau saine !

de François Frechet

- un castor de quatre mètres de haut s’étant aventuré un peu trop loin de sa maison ... avis à ceux qui n’y croyaient pas !

de Myriam du Manoir

- des miroirs fêtant l’Espace, si précieux sur la plaine

de Femke van Dam

- des lignes de flux redessinant le territoire pour mieux nous le faire voir ...

de Mathilde Merigot et Christophe Fréry

Noémie Dufraisse

Cueillette de salades sauvages le 27 février 2010

Le matin lors de notre repérage, Magali Amir a dû de nouveau constater que la végétation est beaucoup plus riche en espèces autour du contre-canal et sur la grande berge que dans la plaine elle-même. Dans la plaine la terre est très riche et plutôt humide. L’herbe, différentes espèces de Graminées, pousse drue et ne laisse pas beaucoup de place pour ce qu’on appelle les salades sauvages.

Nous avons toute même pu retenir deux endroits intéressants pour notre cueillette de l’après-midi.

Notre rendez-vous est à 14 h sur le parking du complexe sportif. Plus de 20 personnes sont là, munies de paniers, de sachets, de couteaux de poche, aussi des bloc-notes et crayon et ... de parapluies !

Magali Amir et notre président David Tresmontant ont a peine eu le temps de prononcer des mots d’accueil que les premières gouttes commencent à tomber. Ce qui ne nous n’empêche pas du tout de partir pour les deux premiers lieux de cueillette.

Sur place, groupés autour de Magali nous écoutons attentivement son discours sur les principes de la cueillette des plantes sauvages.

« Les salades sauvages, ce sont en général des rosettes de plusieurs plantes comestibles qui sont consommées crues. Il y a des exceptions avec des jeunes pousses ou des fleurs.

Notre région est traditionnellement très riche en savoir concernant ces plantes, de très nombreuses variétés sont ainsi appréciées. Elles étaient mangées en hiver et au début du printemps, avant la poussée de la hampe florale, au moment où les feuilles sont encore tendres. Elles avaient alors une vertu médicinale, dépurative du sang, avant la vraie cure dépurative du printemps, pour nettoyer tout l’organisme.

Elles déploient toute une gamme de goûts, de l’amer au sucré, de l’acide à l’âpre, avec aussi toute une variété de textures. Certaines sont douces, d’autres râpeuses, d’autres poilues ou lisses, et c’est sous la langue, dans la bouche, tout un feu d’artifice de saveurs. Rien à voir avec la laitue poussée en serre - que je respecte beaucoup dans sa ténacité à être vivante, malgré le peu de vie qu’on lui octroie ! Mais dans ces plantes sauvages, on rencontre toutes les ressources de vie, et l’on peut alors s’en nourrir.

Pourtant, sauvage ne veut pas dire bio, et il faudra veiller aux endroits où l’on cueille : ni aux bords de routes trop fréquentées, ni dans les cultures traitées. Non plus, et pour des raisons de maladies de parasites intestinaux, dans les toilettes canines des villages ou dans les parcours de moutons, car les chiens, les moutons et les renards transmettent des maladies par leurs excréments. Et sans jouer la paranoïa, il faut être vigilants sur ce que l’on cueille. Lorsque vous êtes sûr d’avoir rencontré la bonne plante, prenez un peu de recul et assures-vous qu’elle se trouve en quantité suffisante ; vous ne devez jamais ramasser une plante isolée. La règle théorique est de 1/10, ce qui signifie : s’il y a 10 pieds, j’en prends 1. Ne cueillez uniquement ce que sera consommé dans immédiat. »

Presque tous des "novices", nous étions tentés de prendre pour un pissenlit des plantes qui lui ressemblent mais qui sont des espèces différentes. Comme le pissenlit, toutes sont à l’état de rosettes.

Suivant les indications de Magali et regardant bien ce qui pousse autour de nous, nous avons appris à reconnaître la Cressonette Cardamine hirsuta, la Crepide de Nimes Crepis sancta - qui fera un peu plus tard de si beaux tapis de fleurs jaunes - et les toutes premières pousses de la Fausse roquette à fleurs blanches Diplotaxis erucoides. Sur une autre parcelle nous avons rencontrés de très belles Capselle bourse-à-pasteur Capsella bursa-pastoris, beaucoup de Doucettes Lactuca serriola - à ne pas confondre avec la mâche sauvage, car les deux plantes portent le même nom en provençal, selon les régions -, des Passerages drave appelés aussi parfois les Brocolis sauvages Cadaria draba.

La plupart de ces plantes cueillis comme salade sauvage appartiennent à la famille des Asteracées ou à celle des Brassicacées.

Chaque hésitation ou incertitude est occasion pour Magali de nous donner de nouvelles explications et des indices pour bien reconnaître une plante : le Mourre de porc Crepis vesicararia reconnaissable à ses feuilles légèrement poilues très appliquées sur la terre pour ne pas être mangées par les animaux et qui se retournent "en oursin" dès qu’on coupe la rosette, à ses boutons floraux serrés au centre et à ses nervures souvent rouges. La Crépide de Nîmes aux feuilles plus petites, souvent tâchées de blanc, moins découpées que la précédente et dont les dents se terminent par une petite pointe, le mucron, noir chez cette espèce de crépide. Le "vrai" Pissenlit Taraxacum officinale se reconnaît à ses feuilles lisses et au réseau de poils logés au centre de la rosette et qui forme comme un feutre autour des boutons floraux.

Nos sachets et nos paniers se remplissaient peu à peu. La pluie continuait à tomber, le groupe diminuait au fur et à mesure de nos déplacements. Mais juste à la fin, il restait un groupe de personnes toujours fascinés par notre apprentissage autour du contre-canal pour y découvrir des belles colonies de Mourre de porc, des jeunes Laitues vivaces Lactuca perennis et quelques Pimprenelle Sanguisorba minor. Est-ce le Plantain lancéolé Plantgo lanceolata qui poussait à cet endroit-là ou à un autre ? - je ne saurais plus le dire.

C’est ici que nous remarquons des touffes d’Immortelle Helichrysum stoechas apprécié non pour la salade mais qui peut être utilisé comme condiment, avec son parfum caractéristique de curry.

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Ceuillette des salades sauvages sous a pluie mais de très bon humeur

photo S.R.

Pour finir, nous étions invités à aller dans un très beau potager de participants. C’est un potager entretenu selon les principes de jardinage naturel et bio. Ce qui nous a permis d’y cueillir des superbes touffes de Coquelicot Papaver rhoeas, à manger en salade ou en soupe délicieuse.

Nous espérons que tous les participants ont pu apprécier leur cueillette, bien lavée, contrôlée feuille à feuille et préparé à la "vinaigrette maison" pour découvrir des saveurs amères ou piquantes oubliées de notre alimentation quotidienne.

Sigrun Reineking

Nous devons vous annoncer une triste nouvelle : Mariana Bourdon est décédée fin janvier. Elle était encore avec nous l’année dernière lors de la cueillette des plantes sauvages - lumineuse !

Compte-rendu de la visite d’un jardin d’insertion à Nîmes le 2 mars 2010

Ensemble avec Sophie Zeenny du service technique de la mairie, nous avons rencontré Myriam Bouhadde-Raynaud de la C.A.U.E. qui nous a guidé vers Muriel Gavach, présidente de l’association "Coté Jardin solidaire".

Muriel Gavach est jardinière par passion, elle s’occupe depuis plus que 20 ans des jardins familiaux et a crée il y a 13 ans un jardin collectif d’insertion. C’est une activité sur toute l’année qui comprend tout autour du jardin y compris la cuisine.

Par elle, nous avons pu récolter des renseignements précis sur la création d’un jardin solidaire et de partage, des informations basées sur des années de pratique.

Actuellement nous sommes en contact avec la mairie pour trouver un terrain approprié à ce projet dans la plaine.

En dehors du grand pique-nique le 2 mai, nous avons deux autres occasions à nous rencontrer

- le samedi, 8 mai 2010 pour reconnaître les oiseaux dans la plaine par leur chants, leur plumage et leur silhouette en vol, une sortie matinale animée par Elisabeth Vedere du COGARD

- le samedi, 22 mai 2010 pour observer les insectes avec Alain Camard pendant un après-midi

Il est à l’affiche : le film de Coline Serreau Solutions locales pour un désordre globale

"Les films alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives."

Coline Serreau

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Petite annonce :

Un des nos adhérents propose de profiter de la bonne terre de son jardin dans la Plaine de l’Abbaye pour partager le jardinage chez lui -

contre quelques légumes de la récolte de temps en temps.

Ce sera un bon moyen de commencer déjà cette année le jardinage dans la plaine avant que notre projet des jardins partagés puisse être réalisé.

Adressez-vous à notre association si vous êtes intéressé.

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